Adultes, Professionnels et Parents d’Enfants Dyslexiques Associés

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Quels besoins ?

jeudi 25 octobre 2012, par C. Butikofer

Les logiciels pour venir en aide aux dyslexiques

Après avoir assisté à plusieurs conférences sur le sujet et en avoir organisés nous même plusieurs au sein d’Apeda-Dys France, nous souhaitons vous faire part de notre réflexion, de celle des professionnels que nous avons rencontrés, et de celles des parents qui ont expérimentés certains logiciels avec leurs enfants.

Au risque d’en décevoir certains, nous souhaitons tout d’abord insister sur le fait que le logiciel miracle qui va régler tous les problèmes de l’élève dyslexique- dysorthographique n’existe pas : Un logiciel est seulement une aide qui va permettre, après un temps d’apprentissage, de contourner certaines difficultés.

Evaluation des besoins

Avant de mettre en place ce type d’outil il est indispensable de faire réaliser par un professionnel, ou une équipe pluridisciplinaire, une évaluation des besoins de compensation individuelle. Ce qui conviendra à un élève très faible en lecture, ne sera pas adapté à celui qui est lecteur mais très dysorthographique. En fonction de l’âge de l’élève, les besoins seront différents. Il n’y a ni réponse toute faite, ni réponse universelle. Ce professionnel est généralement un ergothérapeute, il sera aidé par l’orthophoniste, le neuropsychologue. Les objectifs seront fixés par le médecin spécialiste qui suit la personne « dys » : neuropédiatre, médecin de rééducation, … en adéquation avec le projet éducatif de la famille.

Les questions qui devront être posées :
- quels sont les objectifs de la rééducation en cours ?
- la personne dyslexique continue-t-elle à progresser grâce aux rééducations mises en place ?
- quelles sont les difficultés qui gênent l’élève dans ses progressions en rééducation et à l’école ?
- quels moyens peuvent permettre de contourner ces difficultés : aménagements pédagogiques, aide humaine, logiciels ?
- comment ces aides seront mises en place ? A l’école ? A la maison ?

En fonctions des réponses à ces questions, une aide peut être proposée grâce à divers outils technologiques.

Mise en place de l’aide technologique

Une fois le type d’aide déterminée, il faut résoudre 2 aspects à sa mise en place :
- le financement de cette aide.
- permettre à la personne « dys » de s’approprier l’outil, d’apprendre à l’utiliser, selon le contexte dans lequel elle aura à le faire.

a. financement de l’aide technologique

Dans le cadre de l’Education nationale, le mode de financement varie selon les départements :
- soit les groupes handiscol mettent les outils à disposition des élèves,
- soit les MDPH prennent en charge le financement des outils.

b. apprentissage de l’outil

C’est la partie la plus délicate à réaliser, c’est souvent là qu’il convient de s’armer de courage ! Tant pour les parents que pour le jeune. Apprendre à utiliser un outil pour une utilisation en milieu scolaire demande du temps, parfois plusieurs années pour la frappe au clavier ou certains logiciels complexes, un accompagnement de la part d’un professionnel qui va former la personne à l’utilisation de l’outil.

La situation favorable : l’outil est connu du ou des professeurs à l’école, au collège, au lycée. Un temps scolaire est prévu pour apprendre à l’utiliser et les exercices scolaires sont régulièrement réalisés grâce à cet outil. Cette situation existe rarement, souvent à titre expérimental.

L’élève est donc le plus souvent amené à maîtriser totalement son outil, et son entretien (l’outil doit toujours être en état de marche lors des cours !), ce qui rend plus long le temps d’apprentissage et peut démotiver l’élève.

L’apprentissage selon les outils et les compétences disponibles dans l’environnement peut être réalisé avec un ergothérapeute, l’orthophoniste, les formateurs du fournisseur de l’outil, ou tout professionnel de formation qui maîtrise l’outil et connaît les compétences et les besoins de la personne dys.

Pour les problèmes de financement de cet apprentissage, il faut saisir la MDPH si ni l’assurance maladie, ni la structure scolaire , ni le service de soins (SESSAD) ne prennent en charge les interventions du formateur.

c. les différents outils

- Photocopieur pour prendre les cours, agrandir les documents…
- Dictaphone pour enregistrer les cours et les réécouter.
- Clé USB pour enregistrer les cours, exercices déjà préparés sur ordinateur.
- Les logiciels : ils sont nombreux, ils peuvent permettre :

  • d’apprendre à frapper au clavier,
  • de lire des documents (synthèse vocale),
  • de dicter des textes (dictée vocale),
  • de corriger avec plus ou moins d’efficacité les « fautes » d’orthographe (correcteurs d’orthographe),
  • d’aider à l’écriture de texte (prédiction de mots),
  • d’aider à organiser ses idées et à construire un plan,
  • de construire des figures géométriques sur ordinateur…

Des logiciels multifonctions qui proposent de multiples possibilités parmi celles citées. Bien sûr les logiciels les plus sophistiqués et les plus complets sont les plus chers (certains coûtent plus de 100 €), il convient donc d’avoir réellement besoin de ce que l’on va acheter et d’être certains de l’utiliser si le coût est élevé. Il faut signaler que certains logiciels peuvent être téléchargés gratuitement sur Internet. Un essai avant achat sera bien sûr un plus, quelque soit le coût de l’outil envisagé. Des formations sont organisées régulièrement par certaines antennes d’Apeda-Dys France, faisant le plus souvent appel à des jeunes dyslexiques pour enseigner l’usage des différents outils.

Divers logiciels sont expliqués dans l’article