Association française de parents d’enfants en difficulté d’apprentissage du langage écrit et oral

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Premières démarches

vendredi 25 juin 2010, par Webmaster

Étapes par étapes, voici les premières démarches conseillées si vous pressentez une dyslexie chez votre enfant.

Prendre rendez-vous pour en parler avec son enseignant

L’une des premières choses à faire si votre enfant présente des difficultés d’apprentissage de la lecture est d’en discuter avec son enseignant.

L’école pourra ensuite aider votre enfant grâce au réseau d’aide : le RASED − Réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté − composé de plusieurs maitres spécialisés dispensant une aide à dominante pédagogique − maitre E − ou rééducative − maitre G − et un psychologue scolaire. Si votre enfant est intégré à un groupe suivi par un membre du RASED, il vous est possible et même fortement recommandé de rencontrer cette personne.

Pensez à ne pas culpabiliser votre enfant : chacun apprend à son rythme, il est certainement conscient de ne pas réussir aussi facilement que ses copains, et ce n’est pas toujours parce qu’il n’y met pas de la bonne volonté !

Prendre rendez-vous avec son médecin traitant

Son médecin fera un point physiologique et vous orientera éventuellement vers un confrère : celui-ci vérifiera que l’enfant entend bien (ORL) et qu’il voit bien (ophtalmologue).

Il s’interrogera sur d’éventuelles difficultés psychologiques, des perturbations familiales. Elles peuvent retentir sur la disponibilité de l’enfant face aux apprentissages. Mais attention : des difficultés psychologiques ou des troubles du comportement (enfant insupportable, mettant la pagaille en classe, inattentif aux consignes des adultes, ou encore passif et en retrait) peuvent aussi être la conséquence de difficultés d’apprentissage qui perturbent profondément l’enfant et entrainent un comportement inapproprié.

Une fois tous ces aspects évalués, si les difficultés persistent (exemple : en février, en CP, il n’entre pas du tout dans la lecture ou en avril votre enfant a encore de grosses difficultés alors qu’aucune raison apparente ne justifie ce manque de succès) :

Faire pratiquer un bilan de langage écrit par un orthophoniste

L’agenda des orthophonistes est souvent chargé, ne tardez pas trop à vous renseigner en cas de doute.

Ce bilan est prescrit par un médecin, il est remboursé à 60% par la sécurité sociale, le reste est pris en charge par les mutuelles. La rééducation qui suivra si besoin, sera prise en charge aux mêmes conditions.

Votre enfant a peut-être déjà consulté une orthophoniste dans sa petite enfance pour des difficultés de langage oral, si c’est le cas et que le contact a été positif, reprenez rendez-vous avec cette même personne. Sachez qu’une rééducation orthophonique efficace comporte 2 séances d’1/2 heure environ par semaine.

L’orthophoniste établira un bilan, il doit vous le communiquer et vous l’expliquer, (s’il ne le fait pas, exigez-le) ainsi qu’au médecin qui l’a prescrit. Lisez bien ce document et faites-vous expliquer par l’orthophoniste ou votre médecin ce que vous ne comprenez pas.

Il ne s’agira pas encore de poser un diagnostic de dyslexie mais de repérer des difficultés en vue de travailler sur ces difficultés le plus tôt possible.

Transmettre ce bilan au médecin scolaire

Nous vous recommandons de faire cette démarche qui, loin d’ « étiqueter » votre enfant, permettra à l’école de situer ses difficultés. Le médecin scolaire connait les troubles d’apprentissage du langage écrit, il pourra parfois vous aider à communiquer avec l’enseignant sur les difficultés de l’enfant. Les troubles spécifiques du langage (TSL) recouvrent les difficultés d’acquisition du langage oral et/ou écrit, chez des enfants qui ne présentent ni déficience intellectuelle, ni troubles sensoriels.

Le bilan orthophonique est soumis, comme tout acte médical ou paramédical, au secret professionnel. En tant que parent, il vous est néanmoins possible de transmettre tout ou partie de ce bilan à l’enseignant. Attention ! Certains départements manquent de médecins scolaires, les postes ne sont pas tous pourvus. Il faut alors en référer à l’inspection.

S’intéresser au contenu des séances de rééducation

Vous apprendrez beaucoup sur votre enfant et sa façon d’apprendre, vous ne pourrez donc que mieux l’aider.

N’attendez pas de miracle de cette rééducation, les orthophonistes ne sont pas des magiciens, ils interviennent dans un processus long, votre enfant va progresser bien sûr mais à son rythme. Certaines acquisitions qui pourraient paraitre simples et évidentes, vont lui demander du temps.

Néanmoins ne vous découragez pas, et encouragez-le. Vous faites des efforts pour l’accompagner à ces séances ou le faire accompagner, ce n’est pas toujours facile à organiser mais quand lui aussi fait des efforts (il travaille pendant que les autres jouent, il se rend bien compte que les autres progressent plus vite que lui et ce n’est pas agréable…), les résultats même s’ils vous paraissent minimes doivent être valorisés !

Insister pour que l’orthophoniste et l’enseignant de votre enfant se rencontrent

Chacun a beaucoup à apprendre de l’autre pour la simple raison qu’ils connaissent votre enfant dans des situations différentes. L’orthophoniste apprendra de l’enseignant qui vit avec l’enfant en groupe. Il peut être en difficulté dans des situations que n’a pas pu remarquer l’orthophoniste.

L’enseignant va découvrir des spécificités précises de l’enfant, apprendre à mieux formuler son discours à son attention, à mettre en place pour lui des aides spécifiques, des aménagements pédagogiques.

Certains enseignants et orthophonistes utilisent un cahier de communication que l’enfant transporte avec lui où ils échangent des renseignements sur les apprentissages en cours, les difficultés rencontrées, les progrès constatés (les photocopies de certaines évaluations significatives des difficultés et/ou des progrès de l’élève peuvent y figurer). Ce cahier, ouvert à la lecture pour les parents et l’enfant est toujours très bénéfique, proposez-le !

Faire établir un bilan neuropsychologique

Cette étape n’est pas obligatoire. Ce bilan est pratiqué par un psychologue en cabinet privé et coute alors fort cher (entre 100 et 200€). Il peut aussi être pris en charge par la sécurité sociale s’il est réalisé en CMP − centres médico-pédagogiques − ou CMPP − centres médico-psycho-pédagogiques − ou à l’hôpital, dans un centre référent.

Parlez-en avec votre médecin. Si votre enfant est en souffrance et vous-même perplexe par rapport à ses difficultés, ce bilan vous permettra de confirmer que votre enfant est intelligent, qu’il a des compétences. Il pourra aider chaque intervenant à mieux comprendre l’enfant en repérant ses façons personnelles d’apprendre. Vous découvrirez peut-être des choses sur votre enfant, d’autres seront confirmées. Ses besoins particuliers seront révélés. L’orthophoniste aura un nouvel éclairage sur son jeune patient si vous décidez de lui transmettre les résultats de ce bilan.

Le compte-rendu du bilan neuropsychologique vous sera remis et expliqué par le psychologue.

Conseils

A chaque étape, conservez les documents

Conservez les bilans, les carnets scolaires de votre enfant, les copies et cahiers avec des remarques caractéristiques concernant ses difficultés et ses réussites.

Conservez tout ce qui pourra par la suite aider à retracer le parcours de votre enfant. En effet, sans vouloir alarmer personne, il se peut qu’un enfant intelligent compense suffisamment ses difficultés au point que les adultes, et même les enseignants attentifs, ne les perçoivent plus.

Les difficultés peuvent réapparaître plus tard, lorsqu’au collège le jeune devra fournir plus d’efforts et atteindra ses limites individuelles de compensation. Il serait alors facile de faire un amalgame erroné avec des difficultés dues à l’entrée dans l’adolescence.

Diagnostic tardif

L’association APEDA-France reçoit de nombreux témoignages de dyslexies diagnostiquées tardivement au collège en 6e ou même en 3e ! Les collégiens et lycéens, pour être reconnus par l’institution et bénéficier d’aménagements pour passer les examens (brevet, CAP, BEP, BAC…), doivent apporter la preuve de leurs difficultés. A ce stade et quel que soit votre parcours antérieur, passez directement par le centre référent des troubles du langage et des apprentissages, puis par la demande d’aménagement aux examens.

Dyslexies sévères

Si votre orthophoniste, vous-même soupçonnez des troubles sévères : une dysphasie, une dyspraxie, une dyslexie sévère : alors ici commence le parcours du combattant !

Prenez rendez-vous avec un médecin au centre référent des troubles du langage et des apprentissages de votre région.