Association Française de Parents d’Enfants et d’Adultes en Difficulté d’Apprentissage du langage écrit et oral

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Nous avons lu pour vous

mercredi 4 avril 2012, par A. Montarnal

« APPRENDRE A LIRE – des sciences cognitives à la salle de classe  »

Sous la direction de Stanislas Dehaene avec Ghislaine Dehaene-Lambertz, Edouard Gentaz, Caroline Huron et Liliane Sprenger-Charolles, éditions Odile Jacob. Octobre 2011.155p novembre 2011.

Il est indispensable que ce petit livre soit lu et relu par tous ceux qui s’intéressent à l’apprentissage de la lecture, qu’ils soient directement concernés : parents et enseignants, ou simplement curieux de savoir sur quelles bases cet apprentissage fonctionne.

Des explications passionnantes nous sont fournies par un groupe de chercheurs sous la direction de Stanislas Dehaene, ils accomplissent un prodige : celui d’utiliser un langage facilement compréhensible par tous. Que le futur lecteur ne soit donc pas intimidé par le terme de « sciences cognitives » figurant dans le titre du livre : cognitif ou cognition vient du latin « cognoscere » connaître et les Sciences cognitives sont définies comme l’« ensemble des sciences qui concernent la connaissance et ses processus »(Petit Robert) D’entrée les auteurs nous rappellent que « La psychologie expérimentale et l’imagerie cérébrale ont clarifié la manière dont le cerveau humain reconnaît l’écriture et se modèle au fil de cet apprentissage » cependant il est regrettable que « ces recherches restent méconnues du grand public » !

La première partie de l’ouvrage répond à la question : « Comment le cerveau apprend-il à lire ? » elle nous fait suivre pas à pas toutes les étapes, en commençant par la perception et l’écoute du langage oral. Véritable parcours de « détective » accumulant les indices, les phases de développement, et leur intrication, décrivant toutes les circonstances favorables et indispensables pour que la lecture puisse se mettre en place. « Paroles de chercheurs », toutes les informations renvoient scrupuleusement aux références bibliographiques, aux noms des chercheurs et à leurs publications.

La seconde partie de l’ouvrage est consacrée aux « grands principes de l’enseignement de la lecture », les auteurs nous informent que « la connaissance du cerveau ne permet pas de prescrire une unique méthode de lecture. … un seul objectif doit nous guider ; aider l’enfant à progresser, le plus vite possible, dans la reconnaissance fluide des mots écrits ». Les principes éducatifs énoncés ont pour objectif de faciliter l’apprentissage de la lecture et reposent sur des études expérimentales. L’exposé ne se résume pas, citons juste le 7e et dernier principe « le bon enseignant est celui qui propose, jour après jour, des défis adaptés au niveau des enfants et qui les entraîne en douceur au-delà de leurs connaissances actuelles. C’est à ce prix que l’enfant reste acteur de son propre apprentissage, stimulé mais pas découragé, avec toujours le sentiment de progresser ».

Un dernier chapitre « l’éducation fondée sur la preuve » renvoie à la recherche et aux applications déjà réalisées en classe. L’importance incontournable de la formation des maîtres est soulignée « quelques heures d’explication, au fil d’une conférence ou d’un livre, ne peuvent se substituer à la formation intense, collégiale et responsable que reçoivent par exemple, les instituteurs finlandais. »

Nous souhaitons que ce livre « précieux » puisse être rapidement connu d’un large public et que les principes énoncés soient appliqués dans notre pays.